Allocution de Mme Neghza à l'occasion de "Mediterranean Women Entrepreneurs"

Chère Madame Maria Helena De Felipe, présidente de l’AFAEMME.

-Cher Monsieur Ahmed El Wakil, président de l’Ascame ;

-Chers Invités ;

-Honorable assistance,

Je saisis cette opportunité pour adresser mes vifs remerciements aux organisateurs et partenaires stratégiques en l’occurrence l’ASCAME et l’AFAEMME. Un remerciement tout particulier à Maria Helena De Felipe, pour son travail acharné et louable en faveur de l’autonomie des femmes et leur intégration dans la dimension socio-économique de la région Euro-méditerranéenne.

C’est avec un grand plaisir que je prends part, aux travaux du « Mediterranean Women Entrepreneurs Forum – MedaWomen », une manifestation incontournable réunissant les leaders de l’entrepreneuriat féminin en Méditerranée.

 Cette 11ème Edition de la MedaWeek s’inscrit dans le champ d’action « Renforcement de capacités des Organisations de support aux entreprises » développé par le projet EBSOMED, un projet financé par l’Union Européenne et coordonné par BUSINESSMED.

L’autonomie des femmes représente pour nous un volet fondamental, qui se décline par des actions ciblées dont :

  • L’institution d’une Commission Thématique Femmes et Jeunes, orientée recherche, débouchant sur une analyse approfondie détaillant le rôle des femmes dans des positions de leadership au sein des fédérations nationales d’employeurs de la région ;

 

  • La mise en place d’un cycle de 30 Académies et workshops de formation, visant le renforcement de capacités managériales des femmes cadres des Organisations de support aux Entreprises, ce qui inclut également un programme adhoc pour le montage de projets et notamment ceux de l’Union Européenne, ainsi qu’un meilleur accès aux opportunités de financement offertes par les bailleurs de fonds internationaux.

Notre rencontre aujourd’hui, réaffirme la position de plus en plus remarquable, qu’occupe la femme dans la scène économique et socio-politique de la région Méditerranéenne, qu'elle soit propriétaire d'une entreprise, actionnaire, employée, enseignante, dirigeante d'une association, militante politique, ou encore, militante pour la réforme du climat des affaires.

Le rôle de la femme dans l’économie méditerranéenne a tenu une grande place dans mon parcours professionnel.

Outre la présidence de BUSINESSMED, j’étais élue au mois de juin passé, présidente de Business Africa, une organisation régionale regroupant 54 représentations patronales africaines. Et sur le plan national, je préside la Confédération Générale des Entreprises Algériennes (CGEA), qui est le patronat doyen en Algérie, dédié à la promotion des investissements et du développement économique et social, reconnu par sa représentativité de la majorité d’entreprises privées créatrices de richesse en Algérie.

Cette occasion nous permet de saluer l’aspiration et la mobilisation sociale à l’égard de l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, ayant connu un progrès sans précédent, ces dernières décennies. Toutefois, certaines inégalités systémiques persistent encore, notamment la difficulté d’accès de la femme aux positions décisionnelles et stratégiques.

 

La femme est souvent absente aux plus hautes instances de l'État : seulement 16 femmes sont placées à la tête de l’État ou de Gouvernement sur le total de 193 pays du monde, et environ 22% de femmes sont parlementaires en 2018.

 

Lorsqu’il s’agit de l’entrepreneuriat féminin, L’Afrique en est la championne avec 27% de femmes entrepreneures, qui produisent 62 % des biens économiques du continent, contre 12% de femmes propriétaires de PMEs dans la région MENA. Mais malgré le fort potentiel de l’entrepreneuriat féminin, la parité homme/femme est loin d’être atteinte dans la région euro-méditerranéenne comme, d’ailleurs, dans le reste du monde.

L’entrepreneuriat féminin fait face à divers enjeux :

  1. La mentalité qui assimile souvent l’entreprenariat au monde d’hommes. Ces clichés doivent disparaitre par une plus forte communication et vulgarisation des modèles d’excellence en matière d’entrepreneuriat féminin (récompenses et prix de meilleurs projets gérés par les femmes, etc.).

 

  1. Le manque de formations adéquates et la pénurie de programmes de sensibilisation à l’entrepreneuriat. Ceci implique un besoin de renforcement d’efforts en matière de formation et d’accompagnement technique, en vue de doter les femmes des compétences managériales requises pour réussir leurs projets.

 

  1. La difficulté de concilier vie privée/vie professionnelle.

 

  1. La difficulté d’accès aux financements, vécue plus par les femmes que les hommes, dans les pays en développement.

 

A cet égard, il importe que les gouvernements adoptent et mettent en application des mécanismes juridiques appropriés favorisant l’accès des femmes au financement. Des rencontres conjointes entre les femmes entrepreneures et les bailleurs de fonds sont vivement encouragées, afin d’accroitre la confiance des institutions de crédit, vis-à-vis des entreprises gérées par des femmes.

  1. Le secteur privé doit aller plus loin et plus rapidement.

Je souhaite mettre l’accent sur un élément nouveau, à savoir, l’impact des Technologies de l’Information et de la Communication. Les dernières années ont été témoins de développements remarquables dans l'économie numérique, offrant aux petites entreprises des possibilités nouvelles d'accéder aux marchés mondiaux. Cela est plus évident dans les Pays du Voisinage Méridional où 90% de l’écosystème entrepreneurial est représenté par les Toutes Petites et Moyennes Entreprises.

Nous devons œuvrer à réduire l’écart entre les sexes, en matière d’accès à Internet, si nous voulons atteindre l’Objectif  du Développement Durable Egalité entre les sexes.

Cela sera possible en assurant une cohérence des politiques, au niveau national, régional et mondial et en adoptant les approches idoines avec les couches de l’écosystème des Technologies de l’Information et de la Communication, qui se soutiennent mutuellement, et englobent des questions économiques, techniques, sociales, culturelles et de gouvernance.

Au-delà des enjeux auxquels l’entrepreneuriat féminin fait face, nous devons reconnaitre que le changement a déjà commencé.

Nous sommes tenus de le soutenir, à travers  une démarche collective et se mobiliser tous, ensemble avec les gouvernements, les Organisations internationales et régionales et l’ensemble de la société civile.  

Ce n’est qu’ainsi que nous arriverons à renforcer les modèles de développement intégré, et à promouvoir l’édification d’une région stable et prospère.

Merci pour votre aimable attention.

Saida NEGHZA, Présidente BUSINESSMED

 

Rapport de l'ONU femmes 2017

ODD 5, PNUD

Source. Women in Africa

Fact sheets ONUDI, 2019

Source. la Banque mondiale