INFRASTRUCTURE: THE ENGINE FOR A LONG-TERM ECONOMIC GROWTH IN THE MENA REGION

 

EXCELLENCES,

MESDAMES ET MESSIEURS LES MINISTRES ;

MESDAMES ET MESSIEURS LES CHEFS D’ENTREPRISES ;

DISTINGUES INVITES,

MESDAMES, MESSIEURS

En ma qualité de Présidente de BUSINESSMED, Présidente de Business Africa et Présidente de la Confédération Générale des Entreprises Algériennes (CGEA), j’ai l’honneur d’adresser mes remerciements à tous les présents, institutions, organisations et dirigeants d’entreprises, directeurs d’Organisations Internationales.

Je remercie particulièrement le Président de l’ISPI et l’ensemble des délégations pour cette édition 2019 du Forum MedRome, avec tant de générosité. Mes remerciements s’adressent également à notre cher pays partenaire, l’Italie, pour sa grande hospitalité.

Le thème qui est aujourd’hui au cœur de nos conversations est un sujet clé dans les missions des organisations que je représente, tant pour ce qui est de l’Algérie, qu’aux plans de la Méditerranée et du continent Africain.

Il n’y a pas d’investissements durables, sans l’appui d’un système infrastructurel viable, dans les différentes économies des Pays de la région.

Les pays de la Méditerranée ont de plus en plus de difficultés à s'intégrer dans les chaînes d'approvisionnement internationales et à adapter leurs infrastructures à l'évolution des marchés mondiaux. Ceci est principalement dû au :

  • Retard accusé par l’infrastructure logistique vu que la plupart des ports, des aéroports et des systèmes de transport routier, ne disposent pas du niveau technologique adéquat,
  • L'absence d’un cadre réglementaire pour les réformes et la restructuration du secteur de la logistique,
  • Contraintes liées aux contrôles aux frontières et procédures de dédouanement bureaucratiques.

Et pourtant, il existe dans la région une volonté manifeste d'améliorer et d'augmenter les échanges commerciaux, et l'on se rend compte de la nécessité d’une intégration industrielle et, par conséquent, d’un développement des infrastructures.

En Afrique, et plus particulièrement en Afrique du Nord, les investissements dans les infrastructures de transports devraient croître de près de 46,4% d’ici à 2020, selon une étude du cabinet d’analyse Global Data, publiée le mois de Juillet dernier.

D’après ledit rapport, les investissements dans les infrastructures devraient passer de 47,1 milliards de dollars en 2019, à 69 milliards dollars en 2020.

Cette croissance sera tirée par les investissements dans le secteur ferroviaire qui totalise plus de cinquante cinq mille 55 345 km des cent dix mille 110 000 km de projets prévus. Il devancera les infrastructures routières avec cinquante quatre mille cent dix 54 110 km et les ponts (599 km).

Et toujours selon l’étude, les plus gros investissements dans le transport seront réalisés en Égypte.

Grâce à ces investissements, les pays de l’Afrique du Nord pourront accélérer leur processus d’intégration économique et commerciale, qui a été lancé en mai dernier, à travers l’entrée en vigueur de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine.

La volonté des investisseurs n’est pas le seul facteur qui permettra de maximiser l’impact économique de l’Intégration Méditerranéenne, mais il est nécessaire de la soutenir par la mise en place d’un environnement politique favorable aux réformes structurelles nationales.

si on prend l’exemple de l’Algérie, la population algérienne compte environ 41 millions d'habitants et devrait atteindre les 50 millions d'ici 2030. Cette croissance rapide implique des besoins supplémentaires  en matière d’infrastructures et de nombreuses opportunités pour les investisseurs étrangers :

      Financement de projets pour l’extension des routes.

Le plan d'investissement sur cinq (05) ans, lancé en 2015, d'une valeur de 215 milliards de dollars, a permis de soutenir le développement de divers projets d'infrastructures, tels les hôpitaux, les transports et l'eau.

Les données s’accordent à ce que l’industrie continue à se développer au cours des deux prochaines années et demie, mais cela se fera à un rythme relativement lent, en mettant un accent nouveau sur les secteurs des transports, du logement, de l’énergie et de l’éducation. 

En fait, 2,2 millions d'unités de logement, de routes d'accès et de parkings d'une valeur de 67 milliards de dollars ont été ajoutés au plan d'investissement actuel.

Que pourrions-nous faire ?

1 - La stabilité politique, le soutien institutionnel et l'état de droit ont tous une incidence sur l’appréciation par les investisseurs de la viabilité commerciale d'un projet.  

Dans de nombreux marchés de la région, la perception du risque est élevée et la confiance dans les institutions est faible. Les gouvernements doivent fournir des cadres juridiques et réglementaires clairs pour protéger les investissements privés, notamment des garanties souveraines, une assurance contre les risques politiques et des pratiques de passation de marchés transparentes.

2 - Les investissements dans les infrastructures impliquent des cadres juridiques et financiers complexes, mais de nombreuses économies de la région manquent de compétences nécessaires pour planifier, exécuter, maintenir et réglementer les opérations d’infrastructures. Il ne faut pas négliger que la majorité des investisseurs potentiels manquent souvent de connaissances locales pour évaluer avec précision le profil de risque lié aux opportunités d'investissement. 

Ces deux dimensions de renforcement de capacité doivent encore être développées pour aboutir à la création d’un canal de projets.

3 - Chacune de ces étapes nécessite une coopération et une plus grande confiance entre les secteurs privé et public

Les gouvernements et les entreprises doivent travailler ensemble, pour attirer les investissements dans les équipements nécessaires au développement des communautés et des villes, ainsi que dans les populations qui construisent un avenir durable, stable et prospère pour la région.

Certes, le secteur des infrastructures ne représente qu’une petite partie des économies couvertes par l’enquête MENA, mais il pourrait devenir le moteur d’un modèle de croissance plus durable.

Les investissements dans les infrastructures sont capables de créer des emplois rapidement tout en posant les bases de la croissance et de l’emploi de demain.

Il faut donc se poser et affronter les problématiques et challenges suivants :

Quels sont les types de financement à accroître ? Comment coopérer avec le secteur privé pour financer les projets d’infrastructures ?

Les décisions que nous prendrons sur ces questions auront un retentissement important sur le développement du secteur et sur l’emploi.

En ma qualité de Présidente de la CGEA, de Businessafrica et de Businessmed, je ne peux que renouveler mon entière disponibilité à militer pour l’augmentation des échanges avec l’Europe, le Monde Arabe et les autres régions du monde.

Désormais, le reste du monde doit traiter avec l’Afrique, d’égal à égal, dans le respect mutuel et dans une optique de gagnant-gagnant.

Il est inconcevable que les opérateurs économiques africains soient réduits, à presque quémander un visa, pour conclure des projets de partenariats, dont pourtant, la partie étrangère en est souvent le principal bénéficiaire.

En conclusion

Le développement avisé des infrastructures est au cœur de la croissance et de la création d’emplois, à court terme,  comme à long terme, et cela n’est réalisable que si nous nous focalisons sur les moyens d’encourager le secteur privé à investir dans des projets d'infrastructures, dans la région, et à promouvoir de nouveaux modèles de partenariats public-privé qui soient durables et bénéfiques pour les économies de notre chère Région !

Merci.