"L’Afrique doit être notre cible de choix"
Le: jeudi 24 novembre 2016 | 410 Lectures

SAÏDA NEGHZA, PRÉSIDENTE DE LA CGEA ET VICE-PRÉSIDENTE DE BUSINESSMED, À L’EXPRESSION

Dans cette interview, Saïda Neghza revient sur l’insertion de l’économie algérienne dans l’économie mondiale et la meilleure manière de mener l’entreprise, ainsi que sur le Forum d’affaires et d’investissement africain qui se tient à Alger du 3 au 4 décembre prochain.

L’Expression : L’Algérie organise des Forums d’affaires bilatéraux avec plusieurs pays (Indonésie, Iran, Emirats, Grande-Bretagne, USA, etc.). Etre sur tous les fronts, est-ce une bonne idée selon vous ?
Saïda Neghza : Il est normal et logique que l’Algérie puisse fructifier, à travers ses relations avec tous les pays, les potentialités de coopération économique. Néanmoins, le continent africain dans lequel elle se situe, doit représenter une cible de choix pour l’Algérie, d’autant plus que elle y est déjà fortement présente politiquement.. En effet, le combat de l’Algérie pour la libération des pays africains colonisés a placé notre pays dans une position de leader au niveau du continent noir. Ceci peut se reproduire dans l’économie et permettre de développer une coopération privilégiée avec les pays africains.

Tous ces forums visent, principalement, à attirer les investissements étrangers vers l’Algérie. Est-ce que les rencontres entre les opérateurs économiques à l’occasion de ces forums sont suffisantes pour convaincre ces derniers de s’installer en Algérie ou il convient d’aller plus loin ?
D’abord et, en général, les relations économiques revêtent soit des échanges commerciaux bilatéraux ou des investissements engageant trois acteurs dont l’un représentant un pays non africain dans le cadre d’un partenariat. De ce point de vue, il est clair que les forums constituent un lieu idéal pour permettre aux acteurs économiques d’apprécier directement, avec leurs homologues, les conditions de coopération qui leur sont offertes. C’est essentiellement, de mon point de vue, sur ces conditions qu’il faut agir pour les améliorer. Il est urgent que l’Algérie se mette au diapason de l’économie mondiale.

L’Algérie s’apprête à abriter le premier sommet d’affaires africain après avoir tourné le dos durant longtemps à l’Afrique. Qu’attendez-vous concrètement de ce forum ?
II était temps de retourner vers l’Afrique qui, il faut le rappeler, constitue la locomotive de la croissance mondiale en ce moment et pour les années à venir. Il est normal et légitime que l’Algérie, qui est un pays africain, saisisse les opportunités qu’offre le continent. Pour ce qui est du forum qui se tiendra du 3 au 5 décembre à Alger, nous aurions aimé que notre Confédération soit partie prenante dans le cadre du comité d’organisation afin d’apporter non seulement toute son expérience du fait qu’elle a présidé l’organisation africaine du patronat pendant deux mandats de deux ans consécutifs, mais aussi pour permettre au comité d’Organisation d’être plus représentatif du patronat algérien. Une démarche inclusive aurait conféré davantage de légitimité et de prestige à cette rencontre. Ceci dit, nous souhaitons que cette rencontre algéro-africaine puisse aboutir à des résultats satisfaisants.

Quels sont les pays africains avec lesquels l’Algérie gagnerait particulièrement à coopérer ?
La Cgea estime que le Nigeria et l’Afrique du Sud constituent deux pays majeurs avec lesquels il y a lieu de consolider fortement nos relations économiques et créer une dynamique de coopération forte capable de constituer le fer de lance d’une démarche plus globale qui toucherait l’ensemble des pays émergents africains. Il est important d’avoir des repères qualitatifs en matière d’investissement en Afrique.

En votre qualité de présidente de la Cgea, organisation très présente à l’échelle africaine et internationale, et vice-présidente de Businessmed, que pouvez-vous apporter au gouvernement dans sa stratégie de retour vers l’Afrique ?
Je tiens à vous remercier d’avoir posé cette question car l’activité d’une organisation patronale ne se limite pas à la sphère algérienne pour soutenir l’action politique du gouvernement pour le développement économique et social. Notre action s’insère dans une dynamique globale qui inclut tous les acteurs économiques mondiaux, notamment les organisations patronales africaines, méditerranéennes, internationales, etc., ainsi que le Bureau international du travail et l’Organisation internationale des employeurs. Nous faisons un travail de diplomatie économique en faveur de notre pays et, plus particulièrement des chefs d’entreprise algériens, en parfaite symbiose avec les politiques économiques mises en place par le gouvernement. Notre travail, en somme, vient compléter celui du gouvernement et nos objectifs sont les mêmes que ceux du gouvernement : diversifier, développer notre économie.

Par Amar INGRACHEN - Jeudi 24 Novembre 2016

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